Marathon des Jeux olympiques 2024 : un parcours atypique entre Paris et Versailles inspiré par la Marche des femmes de 1789

« Le marathon est une épreuve symbolique des Jeux et nous avons voulu tracer un parcours qui a du sens. » Le comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 (Cojop) a présenté, mercredi 5 octobre, le parcours du marathon, qui aura lieu le 10 août 2024 pour les hommes et le lendemain pour les femmes. « Nous nous sommes inspirés de la Marche des femmes des 5 et 6 octobre 1789, explique Aurélie Merle, directrice des compétitions sportives au sein de Paris 2024. Cet événement fondateur populaire, révolutionnaire et féminin, est un trait d’union avec les valeurs de Paris 2024, où nous mettons notamment les femmes à l’honneur. »

A l’époque, la capitale est touchée par une disette de pain. Des milliers de femmes, parties de l’Hôtel de Ville de Paris, marchent alors ensemble jusqu’à Versailles pour manifester leur détresse auprès de Louis XVI et réclamer des réformes. Ce qui aboutira à la ratification de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, et au retour du roi à Paris.

« Un grand défi pour les athlètes »

Les marathoniens s’élanceront ainsi de l’Hôtel de Ville, iront jusqu’au château de Versailles, avant de revenir à Paris et passer la ligne d’arrivée aux Invalides. « C’est atypique car d’habitude les tracés sont urbains, on reste en centre-ville et on fait plusieurs boucles, ce qui permet aussi de repérer des points stratégiques », réagit Yohan Durand, marathonien français. Tout au long des 42,195 km de l’épreuve, les athlètes passeront par des lieux iconiques de la capitale comme la Place Vendôme, la rue de Rivoli, le Louvre ou encore le Trocadéro.

Le parcours comprend, selon Aurélie Merle, « deux grosses difficultés » : la forêt de Fausses-Reposes, où se situe le mémorial Pershing-Lafayette – point culminant du tracé à 183 m d’altitude –, et la fameuse côte des Gardes, avec une pente allant jusqu’à 13,5 %, par laquelle les coureurs passeront en revenant vers Paris. « Cette descente, longue et avec de forts pourcentages, va être très difficile, prévient Yohan Durand, qui espère se qualifier pour les JO. Surtout, elle arrive après 30 km de course : ça va faire mal aux jambes, il va falloir anticiper la douleur musculaire pour tenir jusqu’à l’arrivée. J’y suis passé en voiture et ça m’a paru encore plus impressionnant que ce que j’avais imaginé ».

Atypique, le parcours l’est aussi par son dénivelé : 438 m de dénivelé positif et 436 m de dénivelé négatif, « du jamais-vu », selon lui. A titre de comparaison, le marathon de Paris a un dénivelé de moins de 200 mètres et celui de Berlin seulement… 20 mètres. « Il va falloir adapter sa préparation et ne pas s’entraîner que sur du plat, explique Jean-François Pontier, coach spécialiste du marathon. De toute façon, aux JO, on ne vise pas la performance mais la place. »

Pour Alain Blondel, ancien décathlonien aujourd’hui sport manager de Paris 2024, ce parcours exigeant va « apporter du suspense car ce sera un grand défi pour les athlètes qui vont se retrouver dans des schémas qu’ils ne connaissent pas ». D’autant plus qu’il ne sera pas testé. « On veut qu’il reste unique, il n’y aura pas de course organisée dessus avant le départ du marathon. »

Pour l’occasion, les organisateurs des JO ont aussi soumis leur parcours aux stars de la discipline, qui – sans surprise – l’apprécient. « Avec son profil inédit, le marathon de Paris 2024 représente un très beau défi sportif pour les athlètes, dans un cadre somptueux. Cette course, plus incertaine que jamais, promet d’être mythique ! », explique ainsi la Britannique Paula Radcliffe, détentrice, entre 2003 et 2019, du record du monde féminin. Le Kényan Eliud Kipchoge, double champion olympique du marathon et recordman du monde de la distance ( 2 heures 1 minute et 9 secondes) estime quant à lui que que l’épreuve « aura forcément une saveur particulière ». « Je ne pouvais espérer de plus belle course pour les Jeux », dit-il.

40 048 dossards pour le grand public

Si le tracé est désormais connu, le dispositif de sécurité qui sera déployé va, lui « être décidé au fur et à mesure » avec les autorités compétentes. « Nous travaillons avec les préfectures concernées, qui nous donneront les contraintes minimales à respecter, assure Alain Blondel. Ce qui est certain, c’est qu’on va avoir un barriérage assez important tout au long du parcours. »

Pour la première fois de l’histoire des JO, le parcours du marathon n’accueillera pas seulement les 80 marathoniens et 80 marathoniennes olympiens, mais aussi deux fois 20 024 personnes du grand public, également le week-end du 10-11 août 2024, à une date qui reste à fixer précisément. « En plus du “marathon pour tous”, qui sera identique au marathon olympique à 99 %, il y aura une course de 10 kilomètres, qui passera par certains points du parcours et se terminera aussi aux Invalides, pour les moins entraînés », annonce le Cojop.

La méthode la plus répandue pour obtenir un dossard pour l’une de ces deux courses est de participer aux challenges du Club Paris 2024. A ce jour, 3 000 dossards ont déjà été attribués. « Nous sommes fiers de proposer un parcours qui fonctionne à la fois pour le grand public et les marathoniens olympiques. On est vraiment dans l’ADN de Paris 2024, avec des Jeux ouverts à tous, dans le partage. »

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